L'interview de la semaine :

Thierry Clermont, Responsable technique des jeunes à l'A.S. Tarnos.


- Thierry, quel a été ton parcours dans le foot ?


J'ai signé ma 1ère licence à 5 ans à l'Aviron bayonnais. Il y a 47 ans que je suis dans le foot. Comme joueur, j'ai joué en 4ème division. L'envie d'entraîner m'a pris très jeune. J'étais indiscipliné sur le terrain, et j'ai alors donné un coup de main à l'école de foot. Le virus m'a pris.

J'ai entraîné toutes les catégories, et ceci depuis 35 ans. J'avais déjà fait un passage d'un an à l'AST, il y a 18 ans, au cours duquel nous avions gagné la Coupe des Landes U18.

Sinon, j'ai débuté coach comme entraîneur joueur avec la réserve de l'Aviron. J'ai surtout connu une belle épopée comme adjoint de Christian Sarramagna. On a joué au Parc des Princes en 8ème de finale de la Coupe de France face au PSG, après avoir éliminé Niort, Guingamp et Bordeaux. L'inscription sur le panneau d'affichage " PSG - Av. bayonnais" restera mon plus beau souvenir.


- En parlant de souvenirs, quels sont ceux qui t'ont le plus marqué ?


A l'AST, la victoire de la Coupe des Landes des 18 ans garde une place spéciale, et à l'inverse, la défaite lors de la finale de la Coupe des Landes seniors il y a 4 ans est ma plus grosse déception.

Mais j'ai eu un épisode malheureux comme joueur. En championnat, contre Hasparren, j'ai cassé la jambe à un adversaire. C'était le derby et j'ai mal maîtrisé mon tacle. Je connaissais le joueur, on est resté copain, on en reparle, mais c'est quelque chose qui te fait dire "arrête le foot".


- Quel type de joueur étais tu ?


J'étais un gagneur et je jouais arrière latéral. J'étais un peu viril sur le terrain, parfois trop. Je compensais ma petite taille par mon agressivité, qui n'était pas toujours très bien maîtrisée. Je voulais tout croquer.


- Aujourd'hui, quel est ton rôle à l'AST et quels sont tes objectifs ?


Je suis Responsable Technique des Jeunes. C'est intéressant, mais il faut être entouré. On a mis en place une commission de 4 personnes, qui se réunit et fait avancer les choses. A 4, on fait moins de bêtises.

Les éducateurs ont une vraie attente. A la fin de l'année, j'aimerai leur reproposer un questionnaire,
comme l'année dernière, et voir si les choses ont évolué, si des points positifs sont apparus.

Les résultats sportifs sont aléatoires, mais le travail paie toujours. Si les éducateurs sont contents de nous, l'objectif sera atteint, car sans eux, il n'y a pas de clubs.


- Quel bilan tires tu de cette 1ère moitié de saison ?


La mise en place des éducateurs a été bien faite.

Pour les débutants, les plateaux sont réussis, avec de nouveaux papas qui se sont intéressés au projet. Nous avons également un pôle féminin qui grandit avec 3 éducateurs.

En U11, les tournois se passent bien. En U13, nous avons une grosse satisfaction avec la qualification en ligue. Nos U15 travaillent bien et jouent le haut du tableau. Pour les U18, j'ai redécouvert cette génération et les résultats sont bons.


- Comment vois tu le développement du foot féminin ?


La Fédération souhaite se développer, mais nous manquons de moyens dans les petits clubs. Nous n'avons pas d'effectifs suffisants dans des catégories, et les filles doivent jouer avec les garçons. Nous ne maîtrisons pas encore tout, et il est difficile pour les filles d'avoir un avenir régional.


- Comme coach, t'es plutôt adepte d'un 4/3/3, d'un 4/4/2.... ?


Le foot est devenu complexe. Les U13, on peut les habituer à un système. Mais j'ai surtout entraîné des U18 et des seniors, et je m'adaptais aux qualités du groupe. J'ai une formation de défenseur, et si on a d'abord une bonne défense, on peut ensuite construire.

En fait, j'adore la polyvalence et l'intelligence du joueur.


- Parles nous de quelques joueurs que tu as admiré ?


Il y a des joueurs que je respecte vraiment, et celui dans lequel je retrouvais mon tempérament, c'était Girard à Bordeaux. Mais j'admirais également les Tigana, Fernandez ou Piazza. Ces joueurs
m'ont fait aimer le foot.


- Dernière question, avoue nous quelques manies de coach et de joueur ?

Comme coach, je ne mange jamais avant un match. Je n'ai pas faim. Même avant les entraînements des débutants, je suis anxieux. Je suis content à la fin quand tout s'est bien passé.

Comme joueur, je répétais toujours les mêmes gestes à l'échauffement, et j'ai longtemps joué avec le même caleçon, celui qui gagnait.

Enfin, j'ai aussi gardé des objets personnels de certains joueurs que j'ai entraîné, certains qui m'ont spécialement marqué.